Enfin pas tout à fait, enfin si peu… On chercherait en vain, en effet, sur cette première de couverture, le nom, plus ou moins familier, d’une quelconque maison d’édition. Pas plus que sur la quatrième, on y trouvera la référence à l’ISBN ou au prix de l’ouvrage.

Cette image néanmoins ne se contente pas d’être une image. Sa densité, sa compacité, son poids en témoignent.

Ce livre qui n’en est pas tout à fait un, donc, un fidèle et fervent dhôtelien en a rêvé et il l’a fait pour son plaisir et le mien, en un unique exemplaire que je tiens là entre mes mains et que je vais pouvoir lire tout à loisir. Ne me l’a-t-il pas généreusement offert à cette fin ? Le lire, ce dont sont privés nombre d’aficionados, depuis 1945 !

Il pèse son poids (570 grammes) d’attente vaine, de désir, de ferveur, de patience et de longueur de temps aussi, celles qu’il aura fallu à Olivier Annequin pour le mettre à sa main et le remettre entre les miennes (en le numérisant, l’assemblant, en en confiant l’impression à un imprimeur). 

 

Ceci n’est pas un livre (pas seulement), c’est un Dhôtel !

 

... et pas des moindres qui partageait, jusqu’il y a peu, avec L’homme de la scierie (dont la sortie aux éditions Sous le Sceau du Tabellion, initialement prévue en avril, est reportée à une date ultérieure), l’injuste et triste sort de ne pas être réédité depuis sa première parution aux éditions Gallimard et par conséquent, de ne plus être lu, relu, découvert, redécouvert, comme l’un et l’autre, de ces deux titres, le méritent.

Samedi 25 janvier 2020, à 20 heures, à l’espace Vollon, avait lieu un récital insolite, celui de Patrick Da Silva, écrivain et… conteur pour la circonstance, accompagné à l’accordéon par Cécile Combe.
Les privilégiés qui y étaient conviés ont pu leur emboîter le pas et prendre le sillage d’Odette en découvrant ce superbe texte dans sa transposition scénique, paru en 2018, aux éditions Le Tripode et intitulé sobrement : Les pas d’Odette : « des pas menus, désormais, mais pour autant jamais comptés ».
Bien plus donc, qu’une lecture, Patrick Da Silva valsant au son du piano à bretelle, sous le regard médusé des neuf muses qui ne l’avaient assurément pas volé, arpentant la salle des pas perdus… pas pour tout le monde et surtout pas pour ceux qui sont là, à l’écouter et qui repartiront tout à l’heure émus et requinqués, sans plus se mettre à table, heureux de partager avec lui, le verre de l’amitié.

Un Patrick Da Silva, ainsi fidèle à ses préceptes édictés dans du dimanche, paru aux éditions de la Clavière, qui se sera bien gardé de la belle performance, s’en sera tenu à une sobriété de moyens comme énoncé dans cette belle profession de foi à la fin de son livre, sans nom d’auteur sur la couverture et publié sous ses propres couleurs. Des préceptes auxquels je souscris pleinement, à mon tour. Après tout, pas non plus du sérail, pas non plus d’extraction éclairée, étonné simplement d’être convié à pareille fête et en si bonne compagnie.

Chapeau l’artiste et sans nul doute, à la revoyure !

Pas non plus la tête près du bonnet, au point, au final, de faire tourner le sien pour que l’assistance, venue regarder, écouter et se taire et à qui, à son arrivée, aucun droit d’entrée n’a été réclamé puisse laisser son écot. Histoire de ne pas être en reste et de faire circuler le don, modeste obole en euros nouveaux qui font pas guère d’abonde au petit monde mais qui fera que perdure le culte et l’ouvrage artistique qui s’y offrait généreusement ce soir-là…
 

Juste retour des choses, après avoir adressé ses meilleurs vœux à la terre entière ou presque, Sous le Sceau du Tabellion (SST pour les intimes) se voit épingler à son tour (voir image ci-contre) par un mystérieux "Messager des étoiles".

En réalité, l'émetteur de l'envoi, finalement démasqué, n'est autre qu'Henri Gautheret, l'illustrateur du bandeau de "Des poèmes comme des îles" de Pierre Lartigue paru en décembre, mêlant en parfaite harmonie, nos couleurs et les siennes.

Une collaboration qu'il aura décidément marqué de son empreinte et qui pourrait bien ne pas s'arrêter là !

En projet, en effet, une exposition croisée de ses sculptures et de nos premières publications, accompagnée d'une lecture de poèmes extraits du recueil, dans son atelier de la Croix-Rousse.

Période des vœux, janvier est aussi traditionnellement, le mois de la quinzaine du blanc.

 

Blanc / Le blanc : un adjectif et un nom commun dont les acceptions sont diverses et variées.

 

Dans le concert polysémique, se rapportant ainsi, à toutes les choses caractérisées par la couleur blanche, immaculée, éclatante, mate ou laiteuse, pourquoi ne pas célébrer ici, l’intervalle, cet espace libre qu’il convient de laisser dans un écrit pour qu’il ne devienne pas totalement illisible.

 

Et quelle meilleure manière de le faire, qu’en reproduisant, à votre intention et en l’offrant à votre contemplation, le carré blanc sur fond blanc de Malévitch .

 

Meilleurs vœux !