Au sommaire du n° 56 de Mars 2021 de la Route inconnue, bulletin de l’association des Amis d’André Dhôtel, — outre le fervent hommage rendu par Philippe Blondeau et Roland Frankart à Philippe Jaccottet, membre d’honneur de l’association, ami de l’homme et fidèle de l’œuvre d’André Dhôtel —, une place de choix est réservée à la réédition de Les rues dans l’aurore, parue aux éditions Sous le Sceau du Tabellion, en octobre dernier.

Qu’on en juge ! en première de couverture : une page du manuscrit (reproduite ci-contre) : croquis, esquisses et notes préparatoires, profil des protagonistes, amorce d’intrigues ; en quatrième de couverture la juxtaposition de l’édition de 1945 (Gallimard) et de la réédition de 2020 (Sous le Sceau du Tabellion) ; en pages intérieures, la reproduction enfin, du superbe article critique de Delphine Crahay, consacré à cette réédition dans la revue La Cause littéraire et de la note de lecture du roman, rédigé par Peer de Smit, déjà précédemment insérée dans la Lettre info éditeur n° 17, de janvier 2021, de Sous le Sceau du Tabellion.

« Quelqu'un frotte l'or très fort »

Pierre Lartigue, DES POÈMES COMME DES ÎLES

SOUS LE SCEAU DU TABELLION, 2019

Il faut avoir la curiosité d'aller voir ce que cachent les coordonnées qui sous-titrent les 9+1 chapitres de ce qu'on pourrait appeler une anthologie d'inédits, ouvrage posthume de Pierre Lartigue, publié aux éditions Sous le Sceau du Tabellion. Île-de-Bréhat. Île-de-Batz. Ouessant. Île-Molène. Île-de-Sein. Groix. Île-aux-Moines. Belle-Île-en-Mer. Île-d'Houat. Un poème en forme de chapelet de noms que n'aurait pas renié Jude Stefan, grand amateur de toponymie. Un chapelet d'îles aux confins des terres d'Europe, pour une voix poétique en archipels. Seule exception : Tarquinia en Italie, dernier point sur la carte à être mentionné, opportunément choisi comme point final à ce volume et qui commence par ces mots : « Disparaître je veux bien / mais que ce soit dans une de ces chambres peintes (...) ».

Décrit comme un écrivain discret, Pierre Lartigue n'en fut pas moins reconnu par ses pairs, notamment Aragon qui lui écrivait : « (…) vous êtes un des rares poètes qui comptent aujourd'hui et qui compteront demain ». Pourtant, cela ne suffira pas à faire de sa poésie aérienne et insouciante une valeur sûre dans les esprits de ses contemporains. Critiques et éditeurs font la fine bouche ; ainsi commente-t-il quelques-unes de ses péripéties dans le milieu : « (…) mes poèmes / Gallimard dit que cela manque de qualités littéraires / Ô je t'aime mon petit chardon ». Sans en prendre particulièrement ombrage (il recroisera le chemin du célèbre éditeur, et fructueusement, par la suite, à trois reprises), il poursuit son ouvrage, inlassablement léger. En témoigne « (l)e monde ses putains ses dagues et ses dogues », le pays tout entier à la merci des échos des éclats de voix du poète : la capitale et la lande, la neige et la « (…) colline à demi morte ». On flotte au-dessus d'un décor à l'abandon, une scène de bataille, mélancolique et possédé, en exil de soi. Un exil fait de sauts de puce, « souvenirs inventés de toute pièce, mensonges contenant leur part de vérité (...) », exil dans une mémoire dont les éléments ont été saupoudrés sur la page, dans un style d'une désinvolture réjouissante.

Le poème « Hôtel des ventes » retient mon attention plus particulièrement, à la lecture de cet ensemble. Poème capharnaüm, liste, poème-long singeant la triviale prise de notes avec une minutie et une drôlerie diabolique : « (…) une foule invraisemblable où pourrait bien se côtoyer tout ce que la ville possède de Beaumôme et de Toulouche, de Piplette et de Père Moche, brocanteurs voûtés, grappe de filous, de harpies muettes, grigous. » On n’en finit pas de s’émouvoir en lisant la poésie de Pierre Lartigue, le voyage est à portée de stylo, roboratif et abondant. Quelque chose de rabelaisien aussi, dans cette manière d'inventorier et de savourer le monde d'un œil aussi bienveillant que narquois.

S'ensuivent quelques poèmes plus expérimentaux (dont quelques jeux oulipiens) qui nous laissent penser qu'il y a probablement un monde en dormition dans l’œuvre du poète injustement méconnu. L'éventail est énorme, de « J'escriz et grave à toute force », sur deux pages qui se répondent, à la quatorzine « Kistch », où la forme, implacable, entre au service de cet art d'écrire truculent et libre, où l'on devine le travail, la volonté de faire totalité, écrire pour épouser. « Quelqu'un frotte l'or très fort », écrit Lartigue, tant il sait ce qu'il faut d'abnégation pour sonner juste, embrasser le monde et briller tout à la fois.

 

Pierre Andreani

Il y a un an, mais ne dirait-on pas, il y a un siècle, paraissait, aux éditions Sous le Sceau du Tabellion, Des poèmes comme des îles, recueil d’inédits de Pierre Lartigue. Un recueil qui s’ouvre sur ce poème et sur ces vers : 

 

Il neige à l’avenir et le temps presse 

Il faut faire flèche de tout bois 

Il faut s’armer de ses désirs

 

Les gens bientôt sauront aimer en plein hiver

les roses jaunes 

                         je veux dire

que le petit bouquet du bonheur accepté 

fait effet de grenade éclatant dans la rue 

Tenez bon sur les positions de l’amour 

et serrez contre vous cette poitrine nue

la rose jaune de nos jours…

 

Des vœux, empruntés à cet enchanteur du verbe, à prendre, plus que jamais, au pied de la lettre et qu’au Sceau du Tabellion nous faisons nôtres, en ce début d’année, pour vous les adresser et en amplifier l’écho.

L'affiche ci-contre pour vous informer de l’ouverture d’une boutique éphémère, du vendredi 18 au mercredi 23 décembre 2020, dans le centre-ville de Saint-Etienne (au 6 rue de la République, plus précisément) sous l’enseigne : le Noël des éditeurs stéphanois et… assimilés (ce qui est notre cas tant notre implantation est forte sur ce territoire riche en talents et en savoir-faire). 

Une session de rattrapage pour compenser tous ces rendez-vous manqués, en 2020, avec le public ? Il est encore trop tôt pour en juger, mais ce sera de toute façon, une belle opportunité de valoriser notre catalogue et de montrer nos réalisations.

Une initiative qui souligne, une fois de plus, l’importance du collectif et du travail en réseau dans lequel Sous le Sceau du Tabellion, aux côtés de ses confrères éditeurs, s’inscrit délibérément.

Qu’on se le dise donc et qu’on ne manque pas surtout, de le faire savoir, ici et là !

Joyeux Noël à toutes et à tous et bonnes lectures !

Vient de paraître aux Éditions Noires Terres ce superbe ouvrage (voir couverture ci-contre), au titre proustien et qui ne laisse guère de doute sur son contenu : Du côté de chez Dhôtel (33 €).

Écrit à deux mains par Gilles Grandpierre et Christophe Mahy, il est richement illustré, en noir et blanc, par des photographies d'Alain Janssens et de Jean-Marie Lecomte, éditeur et photographe à Bouvellemont dans les Ardennes françaises où il y a peu, j'ai eu le bonheur de le rencontrer.

Des paysages, des trognes, des silhouettes, des sourires, des animaux, des arbres, des fleurs, des champignons, des graminées, des rivières, des ponts, des nuages, des routes, des chemins, des talus, des rails et du ballast en veux-tu, en voilà !

Préfacé par Sylvestre Clancier, il regorge en outre, de citations d'André Dhôtel parmi lesquelles cette recette, empruntée à Rhétorique fabuleuse :

"... ma rhétorique se borne à attraper quelques descriptions du monde et à les disposer au petit bonheur comme on ferait pour les cartes d'un jeu jusqu'à ce que se dessine quelque imagerie inattendue."

Avis aux amateurs ! À vous de jouer ! Y a plus qu'à...

Mais rassurez-vous, on peut aussi se contenter, après s'être immergé dans ce somptueux imagier, de lire et de relire Dhôtel, à satiété et jusqu'à plus soif, aux éditions Sous le Sceau du Tabellion certes, (pour ce qui est de L'Homme de la scierie et de Les rues dans l'aurore où ces deux titres viennent tout récemment d'être réédités) ou encore chez nombre de confrères, pour tous les autres titres qui composent sa riche et captivante bibliographie.

Qu'on se le dise !

Pour visiter le site des éditions Noires Terres et/ou pour  commander 

"Du côté de chez Dhôtel"

Ce lundi 2 novembre, à Clermont-Ferrand, à l’invitation de Rue des graphèmes, une association culturelle dont le but est de favoriser la lecture et faire connaître des auteurs, Sous le Sceau du Tabellion devait participer à une réunion d’échanges interprofessionnelle : « Le livre oublié ». Elle visait à imaginer la mise en place de nouvelles dynamiques culturelles qu’appelle la situation. Un mouvement collectif et décentralisé que son instigateur, Maurice Vigier, appelait de ses vœux et à laquelle nous avions souhaité nous associer. Cette réunion est, au vu des circonstances, reportée à une date ultérieure. Elle devrait conduire, le moment enfin venu, à ce que l’objectif poursuivi et résumé ci-dessous, par l’intéressé, puisse être poursuivi et atteint. Citation de Maurice Vigier, dans le texte introductif qu’il avait pris, préalablement, le soin de préparer : « Il importe donc de bien voir toute la diversité de la filière du livre (…) Elle fait vivre un nombre considérable de professionnels dont les fonctions dépassent largement le trio auteurs-éditeurs-libraires. En somme un écosystème qui ne pourra perdurer que si sa diversité est préservée.

Or à l’heure actuelle, aucune structure représentative ne porte à l’échelle nationale la voix du livre dans son ensemble, à savoir celles de structures dont l’économie relève davantage de l’artisanat ou de la petite entreprise que de l’industrie. Pourtant certains d’entre nous sont déjà organisés régionalement ou thématiquement. Il manque une organisation, un endroit, destiné à nous fédérer afin de pouvoir gagner une place à la table des négociations interprofessionnelles. Dans ce cadre la mise en place d’états généraux francophones du livre revêt toute sa justification. »

Fort heureusement, depuis le début de cette seconde période de confinement, les initiatives se multiplient, telle cette tribune publiée, le 1er novembre dans Libération, signée Alexis Weigel, libraire de 47 degrés Nord à Mulhouse (une librairie indépendante avec laquelle, Sous le Sceau du Tabellion, s’honore de commercer régulièrement) et intitulée : sacrifier la culture, un choix de civilisation qu’il conviendrait de citer in extenso et dont j’extraie ce court passage : « la culture ne se limite pas aux objets culturels et aux lieux dans lesquels ils se partagent et s’échangent, c’est une émanation impénétrable qui met à la disposition des gens les outils utiles au développement de leur personnalité et de leur individuation. »

Il aura fallu ainsi la mobilisation de toute la profession pour arracher in extremis, une décision frappée pourtant au coin du bon sens : la fermeture, dans les grandes surfaces, des rayons de ces fameux produits dits non essentiels parmi lesquels le livre se trouve aujourd’hui relégué et auxquels les libraires indépendants facilitent, en temps normal, l’accès et qui risquaient fort d’être livrés ainsi, et jusqu’à nouvel ordre, en pâture aux seuls marchands du temple, ravis d’une pareille aubaine.

Les rues dans l'aurore d'André Dhôtel

disponible depuis

le 15 octobre

aux éditions Sous le Sceau du Tabellion

Lire l'extrait

L’Homme de la scierie d’André Dhôtel 

 aux éditions Sous le Sceau du Tabellion

enfin disponible depuis le Mardi 2 juin.

Lire le 1er chapitre et l'avant-propos  

 

 

L’achevé d’imprimer sur les presses de l’imprimerie moderne, 177, Avenue Pierre-Brossolette, à Montrouge, pour le compte des éditions Gallimard, de l’édition originale de L’Homme de la scierie, date du 6 octobre 1950. Il aura fallu attendre ainsi, 7 décennies pour voir ce roman magistral, enfin réédité !

 

Cette réédition à laquelle ont collaboré activement à mes côtés, Olivier Annequin qui en a assuré la numérisation, Sophie Dégémard pour la mise en page et Andrée Magdalou pour les corrections, constitue d’ores et déjà une étape primordiale pour notre jeune maison d’édition. Elle est assurément à marquer d’une pierre blanche. 

 

L’occasion rêvée donc, de donner à lire ou à relire ce livre majeur de Dhôtel que Patrick Reumaux, son élève et fin connaisseur de son œuvre, qualifie dans un bref et percutant avant-propos, de roman-phare de la manière du « premier » Dhôtel, construit sur un flash-back époustouflant, une première en 1950 dans le roman français !

 

Avant-propos que vous pouvez lire dans son intégralité et en avant-première, en cliquant sur le lien ci-dessus. 

 

Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, nous vous offrons en prime, le chapitre d’ouverture de ce roman célébré et admiré par les plus grands qu’il s’agisse de Philippe Jaccottet, de Jean-Claude Pirotte, de Maurice Nadeau, d’Henri Thomas, de Jean Grosjean ou bien encore de Christian Bobin qui m’en avait chaleureusement recommandé la lecture. Ce qui, il est bon de le préciser au passage, n’en fait pas pour autant un écrivain pour écrivain, ce dont des milliers de ses lecteurs fidèles, qui n’ont jamais tenu la plume, pourraient aisément témoigner.

 

Pour finir, nous vous proposons, comme l’a déjà fait par ailleurs, Joël Vernet, l’auteur des Carnets du lent chemin paru aux éditions La rumeur libre en 2019, de le commander sans plus attendre, en utilisant l’onglet "commande"

 Dans Retour (voir illustration) chronique buissonnière, publiée au Temps qu’il fait, en 1990, André Dhôtel évoquant ses retrouvailles avec son pays natal, les Ardennes, parle de sa passion pour les fleurs qui peuplent ses livres :

  En sortant du village de Saint-Lambert vers la gauche, on trouve une petite route entre des talus. J’éprouvais pour l’un de ces talus une vague aversion, parce que je détestais certaines plantes qui y étaient fréquentes, les achillées mille-feuilles.

Ces composées se projettent en corymbes où les fleurs portées sur un même plan forment des contrefaçons d’ombelles. Mais tandis que les ombelles sont harmonieuses et dispensent l’éclat souvent très fin d’une floraison blanche ou rose, ces corymbes de mille-feuilles sont mal fichus et par surcroît d’une couleur indécise, ni blanc ni gris, comme voués à une définitive médiocrité.

  Moi qui aimais toutes les fleurs, cela me choquait. Je ne manquai pas à l’occasion d’aller consulter d’autres espèces de mille-feuilles au Jardin botanique. Alors j’en aperçus de splendides, d’une couleur d’or qu’on n’imagine pas car d’imperceptibles variations en ces fleurs font leur éclat à la fois éblouissant et atténué. Comment revenir à leurs parentes pauvres, d’autant plus pauvres ?

  En fait, retournant au pays, j’ai découvert parmi mes mille-feuilles certaines d’un rose léger et d’autres sombrement rouges, magnifiques cette fois, mais recélant, comme celles du Jardin, la secrète atténuation d’une teinte qui devenait d’autant plus prenante. Je repris enfin mes achillées que je croyais d’un blanc sale, et je pus percevoir, comme si c’était l’audacieux travail d’un peintre, la profondeur d’une lumière révélée par un très subtil éloignement. Et dès lors j’aimais ces fleurs bien plus que d’autres d’excellente réputation.

  En relisant ces lignes, l’envie m’est venue, tout en corrigeant les épreuves de L’Homme de la scierie, de composer cet herbier, glané au fil des pages :

  Coquelicots, géraniums, orties, myosotis, ronces, roseaux, cresson, roses trémières, chardons, trèfles, achillées, bouillons blancs, chiendent, pervenches, ombelles, laîches, sagittaire, nénuphars, mélilot, aubépines, jonc, bambou, hortensias, arums, anémones, primevères, roses, pissenlits, genêts, camomilles, ail sauvage, liserons, salicaires, iris, clématites, ajoncs, bardanes, eupatoires, angéliques, campanules, lamier, renoncules.

  Au sujet des achillées dans L’Homme de la scierie (réédition à paraître aux éditions Sous le Sceau du Tabellion), ces deux occurrences :

  Puis Henri distingua de nouveaux le fantôme des troncs, la tracée du chemin, enfin les moindres petites choses, l’herbe et les dernières achillées qui fleurissaient encore. (p. 49)

​  Cette terre brûlante, où il avait le grand plaisir de poser doucement ses gros souliers ferrés, était bordée de fleurs, d’achillées roses que le vent agitait à peine, et elle résonnait sous les pas avec un bruit subtil. (p. 315)

Enfin pas tout à fait, enfin si peu… On chercherait en vain, en effet, sur cette première de couverture, le nom, plus ou moins familier, d’une quelconque maison d’édition. Pas plus que sur la quatrième, on y trouvera la référence à l’ISBN ou au prix de l’ouvrage.

Cette image néanmoins ne se contente pas d’être une image. Sa densité, sa compacité, son poids en témoignent.

Ce livre qui n’en est pas tout à fait un, donc, un fidèle et fervent dhôtelien en a rêvé et il l’a fait pour son plaisir et le mien, en un unique exemplaire que je tiens là entre mes mains et que je vais pouvoir lire tout à loisir. Ne me l’a-t-il pas généreusement offert à cette fin ? Le lire, ce dont sont privés nombre d’aficionados, depuis 1945 !

Il pèse son poids (570 grammes) d’attente vaine, de désir, de ferveur, de patience et de longueur de temps aussi, celles qu’il aura fallu à Olivier Annequin pour le mettre à sa main et le remettre entre les miennes (en le numérisant, l’assemblant, en en confiant l’impression à un imprimeur). 

 

Ceci n’est pas un livre (pas seulement), c’est un Dhôtel !

 

... et pas des moindres qui partageait, jusqu’il y a peu, avec L’homme de la scierie (dont la sortie aux éditions Sous le Sceau du Tabellion, initialement prévue en avril, est reportée à une date ultérieure), l’injuste et triste sort de ne pas être réédité depuis sa première parution aux éditions Gallimard et par conséquent, de ne plus être lu, relu, découvert, redécouvert, comme l’un et l’autre, de ces deux titres, le méritent.

Samedi 25 janvier 2020, à 20 heures, à l’espace Vollon, avait lieu un récital insolite, celui de Patrick Da Silva, écrivain et… conteur pour la circonstance, accompagné à l’accordéon par Cécile Combe.
Les privilégiés qui y étaient conviés ont pu leur emboîter le pas et prendre le sillage d’Odette en découvrant ce superbe texte dans sa transposition scénique, paru en 2018, aux éditions Le Tripode et intitulé sobrement : Les pas d’Odette : « des pas menus, désormais, mais pour autant jamais comptés ».
Bien plus donc, qu’une lecture, Patrick Da Silva valsant au son du piano à bretelle, sous le regard médusé des neuf muses qui ne l’avaient assurément pas volé, arpentant la salle des pas perdus… pas pour tout le monde et surtout pas pour ceux qui sont là, à l’écouter et qui repartiront tout à l’heure émus et requinqués, sans plus se mettre à table, heureux de partager avec lui, le verre de l’amitié.

Un Patrick Da Silva, ainsi fidèle à ses préceptes édictés dans du dimanche, paru aux éditions de la Clavière, qui se sera bien gardé de la belle performance, s’en sera tenu à une sobriété de moyens comme énoncé dans cette belle profession de foi à la fin de son livre, sans nom d’auteur sur la couverture et publié sous ses propres couleurs. Des préceptes auxquels je souscris pleinement, à mon tour. Après tout, pas non plus du sérail, pas non plus d’extraction éclairée, étonné simplement d’être convié à pareille fête et en si bonne compagnie.

Chapeau l’artiste et sans nul doute, à la revoyure !

Pas non plus la tête près du bonnet, au point, au final, de faire tourner le sien pour que l’assistance, venue regarder, écouter et se taire et à qui, à son arrivée, aucun droit d’entrée n’a été réclamé puisse laisser son écot. Histoire de ne pas être en reste et de faire circuler le don, modeste obole en euros nouveaux qui font pas guère d’abonde au petit monde mais qui fera que perdure le culte et l’ouvrage artistique qui s’y offrait généreusement ce soir-là…
 

Juste retour des choses, après avoir adressé ses meilleurs vœux à la terre entière ou presque, Sous le Sceau du Tabellion (SST pour les intimes) se voit épingler à son tour (voir image ci-contre) par un mystérieux "Messager des étoiles".

En réalité, l'émetteur de l'envoi, finalement démasqué, n'est autre qu'Henri Gautheret, l'illustrateur du bandeau de "Des poèmes comme des îles" de Pierre Lartigue paru en décembre, mêlant en parfaite harmonie, nos couleurs et les siennes.

Une collaboration qu'il aura décidément marqué de son empreinte et qui pourrait bien ne pas s'arrêter là !

En projet, en effet, une exposition croisée de ses sculptures et de nos premières publications, accompagnée d'une lecture de poèmes extraits du recueil, dans son atelier de la Croix-Rousse.

Période des vœux, janvier est aussi traditionnellement, le mois de la quinzaine du blanc.

 

Blanc / Le blanc : un adjectif et un nom commun dont les acceptions sont diverses et variées.

 

Dans le concert polysémique, se rapportant ainsi, à toutes les choses caractérisées par la couleur blanche, immaculée, éclatante, mate ou laiteuse, pourquoi ne pas célébrer ici, l’intervalle, cet espace libre qu’il convient de laisser dans un écrit pour qu’il ne devienne pas totalement illisible.

 

Et quelle meilleure manière de le faire, qu’en reproduisant, à votre intention et en l’offrant à votre contemplation, le carré blanc sur fond blanc de Malévitch .

 

Meilleurs vœux !