Les rues dans l'aurore

André Dhôtel 

(1900 - 1991)

1

Date de parution : 10/20

roman, réédition

432 pages

19 € 

ISBN : 978-2-9567980-4-0

"Georges arriva bientôt à la route de Bourcq. Il s'accouda un instant au parapet du pont et regarda son image dans l'eau. Il y avait sur ce parapet une pierre abandonnée là par quelque enfant. Il prit la pierre et la laissa tomber par jeu contre le reflet de son visage. L'eau se bouleversa, alla clapoter sous les rives, puis dansa doucement et redevint lisse. Le soir baissait. Georges vit réapparaître son visage. Il se trouva beau, comme si c'était celui d'un étranger, ou une image féminine — en tout cas paisible, et semblant appartenir à un autre monde."

Georges Leban, le héros des rues dans l'aurore, est un menteur à la manœuvre dans une bourgade de moyenne importance flanquée d'un faubourg qui ne cesse de s'agrandir et où, dans l'arrière-salle de bistrots et d'épiceries dignes des fonds de province et des derniers cercles de l'enfer, se fomentent des intrigues torses qu'éclairent les mensonges de Leban et la chevelure blonde à mèche blanche d'une fille qui serre le cœur à force d'être morte et d'apparaître vivante.

                                                                                                                                                                                                               Patrick Reumaux

L'homme de la scierie

André Dhôtel 

(1900 - 1991)

1

Date de parution : 05/20

roman, réédition

432 pages

19 € 

ISBN : 978-2-9567980-3-3

 "Le plus désagréable dans l'aventure de Chalfour c'est que les copains et les gens du village s'obstinaient à le considérer comme un mort ou un déterré, ce qui n'était pas tout à fait inexact, mais discourtois. Il fut sensible à ces manières imbéciles, et il se répétait souvent qu'on verrait ce qu'on verrait, et il priait tout de même le ciel de ne pas permettre qu'il soit tout à fait mort. La vallée était magnifique en ce mois de juin. Quoi donc pouvait arriver encore ?"

Une réédition très attendue : la première depuis l'édition Gallimard de 1950 !

Elle vise à rendre enfin disponible et accessible ce grand roman de Dhôtel (d'une de ses périodes les plus fécondes), que...

Patrick Reumaux qualifie dans un bref et percutant avant-propos, de roman phare du "premier" Dhôtel, construit sur un flash-back époustouflant. Une première pour l'époque, dans le roman français de l'immédiat après-guerre.

Des poèmes

comme des îles

Pierre Lartigue

(1936 - 2008)

1

Date de parution : 12/19

poésie, inédits

132 pages

15 €

ISBN: 978-2-9567980-2-6

​"Tout est voyage on vit au bruit des rames et des roues
Ce croisement la terre
A chacun son chemin dans la nuit de son pas
La vérité du pouls battant des charades d’amour
On marche pour
                                      On vient on va
puis las de tant de choses taire
On dit Il était une fois

Non ce temps-là viendra j’en suis certain c’est sûr
Au moment même où je m’éloigne avec les gens
                                                                       [à demi-sourds
avec les ombres du matin
                                    sur l’Italie de l’écriture."

Navigation maritime, tour à tour, hauturière ou au cabotage ;

au fil du temps, dans l’œuvre protéiforme d’un enchanteur du verbe au lyrisme subtil ;

poète mais aussi romancier et essayiste qui, de son propre aveu, oscille sans cesse, entre la réflexion et la rêverie.

Rendez-vous sur le môle pour un embarquement immédiat !

La petite Chiquette

Louis Codet

(1876-1914)

Date de parution : 08/19

roman, réédition

244 pages

17,50 €

ISBN: 978-2-9567980-1-9

"Après le déjeuner, ils allaient dans les bois.
Ils suivaient un chemin de soleil, et ils longeaient un peu l’étang ; puis ils pénétraient dans cette ombre éblouissante des bois.
On y entendait, dès qu’on y entrait, le bruit bavard des ruisseaux et la folie des cascades.
Ils s’étendaient sur les feuilles mortes, entre les fougères et les plants de menthe.
Quelle charmante rêverie on fait, dès qu’on se couche par terre !… On y est mal ; on se tourne, on se retourne ; et la tête est toujours trop basse ; mais on se repose avec une langueur incomparable… Tout doux, tout doux, mon cœur ; nous sommes couchés à terre, comme une bête des bois ; nous dormons… C’est un oiseau qui sifflote ; c’est une mouche qui bourdonne, et file un trait de violon léger ; c’est le chien Bouguereau qui secoue ses oreilles… Et le vent agite les arbres ; on les écoute frémir ; on sent qu’ils sont touffus et d’une belle hauteur…"

Chef-d’œuvre oublié, devenu depuis trop longtemps, inaccessible.

Écrit et publié, en son temps (1908), par un écrivain inspiré et talentueux, mort à la Grande Guerre.

La dernière réédition datait de 1961.

Elle était préfacée, alors, par Gilbert Sigaux et avait été justement saluée, à l’époque par un certain, Maurice Nadeau.

Un récit enlevé, mené d’une plume alerte, qui se déroule presque intégralement sur la Butte Montmartre et évoque l’ambiance de la Belle Époque en en restituant fidèlement l’atmosphère.

Feu de tout bois

Alain Chassagneux

(1957)

Date de parution : 07/19

roman, nouveauté

180 pages

16,50 €

ISBN: 978-2-9567980-0-2

"Et il a bien dû finir par y arriver, devant cette porte close, y toquer, en franchir le seuil, réconforté par les gestes, les paroles des membres de la tribu qui l’accueillaient avec la chaleur et l’empressement qu’on imagine, lui livrant passage, l’entraînant vers l’âtre de la cheminée autour d’une bonne flambée tandis que la porte se refermait aussitôt sur son poursuivant qui n’avait pas encore, en ces lieux, il est vrai, acquis droit de cité. J’y reviendrai des années plus tard et la même lourde et massive porte s’ouvrira enfin. Germaine la dernière occupante de la maison, n’aura pas l’air autrement surprise. En dépit de toutes ces années passées, il en faudrait bien plus, à cette heure, pour l’étonner. Aussi me laissera-t-elle entrer comme si nous nous étions quittés la veille. Elle qui, ne m’avait guère revu, depuis plus de vingt ans, sinon de loin en loin. Et des deux, c’est moi qui parais le plus étonné de ne pas avoir à montrer patte blanche, de ne pas avoir à me faire connaître, avant d’ « otsoba d’intra » (de finir d’entrer). Comme si ce retour inopiné, après une si longue absence, allait de soi, comme si elle eût attendu cette ultime visite. Je n’avais pourtant rien prémédité et le matin, pas même prévu d’accomplir ce détour"

Un récit dense et foisonnant.

L’histoire patiemment reconstituée d’un modeste scieur de long du Haut-Forez, d’un « pépère », vétéran de la Grande Guerre.

Le fruit et l’aboutissement d’une longue traque.

Elle commence en janvier 1919, sous la neige...

... et ménage au fil de la narration, en empruntant d’étranges détours, d’étonnantes surprises.