Feu de tout bois Alain Chassagneux

 

Retours critiques

Mais qu'est-ce que j'en ai à faire de Basile, de sa parentèle, de ses compagnons et de leurs descendances ? Qu'est-ce que j'en ai à faire de feuilleter cet album d'une famille qui m'est tout à fait inconnue, album bâti, à la diable, où les époques, les visages, les prénoms se mélangent, au point que je m'égare ? Qu'est-ce que j'en ai à faire de ces pièces décousues, de vies si communes à leur temps ?

Qu'est-ce que j'en ai à faire ?

Seulement, il y a la voix, la voix qui m'a chopé, dès les premières lignes et ne me lâche pas. La voix qui raconte tout ça, avec les arbres, leur grand et leur petit œuvre. La voix et cette langue, pleine, juste, rythmée, sans fioriture, cette langue de poème dont elle use, la voix, pour nous dire ces gens de peu et le temps qui court sous leurs vies si communes. Ce temps qui est nôtre, comme Basile et tous les siens, le deviennent, par la grâce de cette voix qui, mine de rien, ne me lâche pas.

                                                                                                                                                                                  Patrick DA SILVA

 

On remonte très haut dans la mémoire, mémoire du bois, mémoire de l’homme dans la vie du bois. Comme si, aux quatre éléments de Gaston BACHELARD, Alain CHASSAGNEUX en rajoutait un cinquième : le bois.

                                                                                                                                                                                  Bernard PLESSY

 

Vous avez reboisé la forêt des vivants en y faisant revenir « vos » morts. Votre travail est bon car nécessaire. Votre livre a cette étrangeté claire de l’arbre découvert un jour à Fontainebleau, prenant force et songe dans un rocher.

                                                                                                                                                                                  Christian BOBIN

 

L’extrait de « Feu de tout bois » évoqué par Christian BOBIN (en page 46) :

 

« Un peuplement forestier formé d’arbres issus de graines par semis ou de plantations (d’où la régularité de leurs fûts) sera qualifié de futaie ; un bois que l’on taille et que l’on coupe de temps en temps à intervalles rapprochés de taillis. Les deux se combinant parfois, comme en forêt de Fontainebleau, où il m’avait été donné d’observer ce simulacre de fusion entre végétal et minéral à l’instar de cet arbre étrange, surgi devant moi, au détour d’un chemin, sorte de succube dont le bubon prenant appui sur un rocher, semblait y puiser son énergie vitale, sa substance même. »

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